C’est toujours un grand plaisir de pouvoir concrétiser le travail de collecte que nous effectuons périodiquement dans Grains de sel par un cahier de l’APA qui donne la mesure de ce travail. Nous venons de réceptionner le cahier n° 74 daté de novembre 2025, Demeures, qui est le résultat de vos souvenirs de maisons.
Voici le début de sa préface que j’ai eu le plaisir de rédiger et qui donne le ton de ce bel ensemble : « En février 2015, l’APA publiait un numéro de La Faute à Rousseau dont le dossier était consacré aux Maisons. Ces maisons, nous les retrouvons dans ce cahier qui est le fruit d’une collecte thématique du blog Grains de sel durant l’année 2024. Cette collecte a engrangé 65 textes de 32 auteurs : 23 femmes et 9 hommes. Sous le titre Demeures, il raconte ce que sont nos rapports à ces lieux familiaux, personnels, parfois plus étrangers, divers, qui accompagnent nos existences.
Et ce sont d’abord celles de l’enfance. Mireille Podchlebnik écrit : “Je garde l’image d’immeubles décrépits, de logements dotés d’un confort sommaire et d’un horizon barré par la vue sur les cours sombres étroites. Cependant, il demeure empreint de mes souvenirs d’enfance dans un cocon familial qui me paraissait pesant à l’époque, mais dont le manque aujourd’hui reste teinté de nostalgie.” Nombre de textes évoquent les maisons des grands-parents où se passaient des vacances, moments propices à des jeux, à la découverte des personnes, des lieux, de l’environnement et à l’élaboration d’une mémoire constitutive de ce que nous sommes. Anne-Marie Krebs l’exprime bien : "… nous aimons revisiter nos souvenirs, nous interroger sur notre enfance, notre passé, comprendre par quels chemins nous sommes passés pour devenir ce que nous sommes. Parce que parler de maisons sert aussi à raconter ce que nous y avons vécu, aimé, ce sont presque toujours de beaux souvenirs qui y sont attachés, même si la vie y était souvent plus difficile qu’aujourd’hui. Les maisons sont des cadres dans lesquels nous retrouvons les émotions de notre enfance ; ce sont les décors de nos amours perdus, des découvertes, des expériences de notre jeunesse ; l’écran sur lequel nous projetons un passé reconstruit, fantasmé.”
Tout est dit, car les maisons nous font autant que nous les faisons. » Merci de votre engagement, merci de votre fidélité et bonne lecture à tous.
Pierre Kobel