Les Journées de l’APA 2026 sur le thème En nature, autobiographie, nature et écologie qui se sont tenues au domaine de Massacan, à proximité de Toulon ont été particulièrement réussies. Cela grâce au lieu qui nous a accueillis, grâce au contenu des interventions et des ateliers, grâce surtout à la parfaite harmonie entre le contenant et le contenu : le lieu lui-même participait de ce dont nous parlions, il en était partie prenante et en portait témoignage.
Les interventions lors des tables rondes étaient toutes remarquables mais on retiendra en particulier celles de certains de nos intervenants extérieurs notamment celle du philosophe Jean-Philippe Pierron d’une grande profondeur et d’une grande densité et celle de Stéphanie Chanvallon au parcours atypique et qui a su nous faire rêver de pouvoir nager, comme elle, côte à côte en complicité avec une orque…
Aux riches tables rondes il faut ajouter dans la fraîcheur du matin au Théâtre de verdure les belles lectures de textes d’apaïstes dans le cadre des Préludes orchestrés par Carole Roche et naturellement au cours des après-midi, les nombreux ateliers d’écriture, de lecture, d’échanges qui se sont tenus en salle mais aussi dans les divers salons d’extérieurs sous les pins du parc ainsi que les Cartes blanches, moments d’échange sur des sujets divers à l’initiative de participants eux-mêmes.
Ne manquez pas de retrouver dans le n° 104 de La Faute à Rousseau à paraître en février 2027 le dossier consacré à ces Journées.
Les moments conviviaux des repas pris sur la terrasse face à la mer permettaient de multiplier les échanges, qu’il s’agisse de retrouvailles pour certains d’année en année ou de faire connaissance d’autres personnes. Le fait que nous soyons nombreux à pouvoir dormir sur place rendait plus aisé ces échanges informels mais si précieux dans nos Journées.
Les spectacles proposés le soir étaient aussi en parfaite adéquation avec la thématique. Le vendredi Les mots sont des oiseaux était une balade musicale sur des mots de Camille Bresch reprenant des extraits de ses propres journaux et de textes de divers apaïstes repris dans le recueil En nature publié aux éditions du Mauconduit : Le flutiste et joueur de cornemuse Nicolas Flodrops et la chanteuse Lucie Tronche se sont parfaitement accordés pour mêler mots et musique. Et le samedi soir c’est l’ensemble choral du Madrigal de Provence sous la direction de Marion Schurr qui nous a fait découvrir J’ai descendu dans mon jardin, un récital d’une vingtaine de pièces de compositeurs variés évoquant les fleurs, les bois et les oiseaux.
Et puis, bien sûr, en bas du parc, il y avait l’anse Magaud et la fraîcheur bienfaisante de ses eaux. Tôt le matin pour certains, dans les temps libres de l’après-midi pour d’autres, c’était plaisir de descendre les volées de marches conduisant à la mer, s’immerger, nager et, sur le dos, contempler au-dessus de soi, les falaises, le ciel, le vol d’un goéland… Et ainsi, d’enrichir les mots de nos échanges par le ressenti de l’instant.
Bernard Massip